Le « Jeu de la Guerre » / G.-E. Debord & A. Becker-Ho
I. DU TERRAIN ET DES BUTS DE LA GUERRE
Le Jeu de la Guerre se joue sur un terrain de 500 cases (25 x 20), divisé en son milieu par une ligne-frontière parallèle à son côté le plus long, chacun des territoires ennemis ayant donc une profondeur de 10 cases. Les territoires, asymétriquement tracés, des deux camps, comportent chacun deux cases-arsenaux, trois cases-forteresses, une case-col (passage dans une chaîne de montagnes) et neuf cases-montagnes. Les montagnes sont infranchissables par les troupes et font obstacle à leur tir. Elles interrompent aussi absolument les lignes de communications entre les armées et leurs arsenaux ou unités de transmissions.
Chaque camp dispose librement toutes ses unités à l'intérieur de son territoire. Une unité occupe une case. Le déploiement initial de chaque armée est choisi dans l'ignorance du dispositif de l'adversaire : de sorte que l'un au moins des adversaires doit inscrire sur un plan l'emplacement de toutes ses unités, qui sont ensuite reportées sur le terrain.
Le premier coup est tiré au sort. Chaque coup est constitué par le mouvement de cinq unités librement choisies (combattantes ou non-combattantes) et par l'attaque, à l'issue de ce mouvement, d'une unité ennemi qui se trouve à portée d'être engagée. Il est toujours permis de s'abstenir de prononcer une attaque, de même qu'il est loisible à un camp de déplacer moins de cinq unités, ou même de n'en déplacer aucune.
Le but de chaque camp est la destruction complète du potentiel militaire de l'autre. Ce résultat peut être obtenu soit par la destruction de toutes les unités combattantes, soit par la prise des deux arsenaux de l'ennemi, un arsenal étant définitivement mis hors d'usage dès l'instant où il a été occupé par une unité combattante adverse.