Le « Jeu de la Guerre » / G.-E. Debord & A. Becker-Ho
III. DU CHOC TACTIQUE
Attaquer une unité ennemie, c'est concentrer sur la case qu'elle occupe le tir - ou, dans le cas de la cavalerie, la charge - d'un certain nombre d'unités de son camp venues à portée de cette case.
On additionne les coefficients offensifs de toutes les unités qui sont en situation d'attaquer la case. On additionne ensuite les coefficients défensifs de toutes les unités adverses qui se trouvent en position, et à portée, de tirer sur cette même case qui est attaquée (en y comprenant l'unité qui occupe la case attaquée). Si le chiffre de la force offensive totale est inférieur ou égal à celui de la force défensive totale, l'unité résiste. Si le chiffre de la force offensive totale l'emporte de 2 points ou plus, l'unité attaquée est détruite; sans que cela entraîne pour le camp destructeur l'obligation d'occuper la case ainsi vidée. Si le total de la force offensive est supérieur de 1 point à celui de la force défensive, l'unité attaquée doit abandonner la case qu'elle occupait, et ceci est obligatoirement le premier mouvement de la série des cinq déplacements des unités de son camp au coup immédiatement suivant. En outre l'unité ainsi ébranlée ne peut pas être employée dans une attaque pendant ce même coup suivant; c'est-à-dire que son coefficient offensif ne peut être compté pour cette fois avec celui des autres unités de son camp, et ceci même si elle se trouve encore à portée de l'unité adverse qui sera à son tour attaquée. Enfin, dans le cas où une unité dominée d'un point dans une attaque est incapable de quitter sa case au premier mouvement de son camp, parce que toutes les cases voisines sont occupées par d'autres unités, ennemies ou amies, elle est de ce fait détruite.
L'obligation de pourvoir au mieux à la défense tactique de chacune de ses unités est imposée par le fait qu'une infériorité un peu prolongée dans le choc tactique entraîne un affaiblissement numérique unilatéral. Cet affaiblissement quantitatif, en tout cas stratégiquement néfaste, peut en outre se transformer vite, au plan tactique, en infériorité qualitative irréversible sur le front d'un engagement, dès que le chiffre de la force offensive totale de l'armée qui a essuyé ces pertes est tombé trop bas pour lui permettre toute contre-attaque efficace.