Le « Jeu de la Guerre » / G.-E. Debord & A. Becker-Ho
FIGURES EXPLICATIVES
La figure 1 représente toutes les lignes de communications permanentes du camp Sud, c'est-à-dire toutes les routes qui peuvent relier naturellement (à condition de ne pas être interrompues par une unité combattante ennemie) les arsenaux du camp Sud à ses troupes en campagne : ceci indépendamment de l'emploi des unités de transmissions qui, agissant sur une case quelconque de ce réseau, la prolongent, sur le même modèle, à partir de cette case.
La figure 2 représente, de même, toutes les lignes de communications permanentes du camp Nord.
La figure 3 représente les lignes de communications ouvertes par une unité de transmissions du camp Nord placée dans la case J 23, c'est-à-dire en liaison avec son arsenal en B 15. L'unité renvoie cette liaison dans les directions nord et sud de la colonne 23 ; dans les directions ouest et est de la colonne J ; enfin dans les deux directions de la diagonale P 17-H 25 (dans la diagonale B 15 - L 25, qui comprend la case J 23, la liaison passe indépendamment de la présence de l'unité de transmissions).
Les figures 4 et 5 représentent des engagements tactiques entre des unités combattantes des deux camps, les unités du camp Sud se distinguant par l'inscription dans un cercle de la lettre symbolisant le type d'unité. Dans les deux figures, l'engagement se déroule sur le territoire du camp Nord, et la case attaquée est la case H 8, occupée par une unité du camp Nord. Dans ces deux engagements, le camp Sud détient une très large supériorité numérique.
Dans le cas de la figure 4, la case attaquée H 8 est défendue par deux unités d'infanterie en plaine, en G 9 et H 8 (coefficient défensif global : 6 x 2), une unité d'infanterie occupant la case-col E 10 (coefficient défensif : 8), une unité d'artillerie à pied placée en E 11, dans l'axe du col, et à portée extrême - 3 cases - de la case attaquée (coefficient défensif : 8). Le coefficient défensif total dont dispose le camp Nord, relativement à la case attaquée, est donc de 6 + 6 + 8 + 8 = 28. On notera que les unités en H 8 et F 10 sont en liaison directe avec les lignes de communications rayonnant de l'arsenal D 8; que les unités en G 9 et E 11 sont en liaison indirecte avec ces mêmes lignes via les unités en H 8 et F 10; et que l'unité en E 11 est, en outre, en liaison directe avec une ligne de communications secondaire rayonnant depuis la case E 12 occupée par une unité de transmissions.
Les forces attaquant la case H 8 sont constituées par trois unités de cavalerie chargeant de E 5 en G 7 (coefficient offensif global : 7 X 3), une unité d'artillerie à cheval en H 6 (coefficient offensif : 5), une unité d'infanterie en I 7 (coefficient offensif : 4) et une unité de cavalerie en J 6 agissant comme infanterie (coefficient offensif : 4).
Le coefficient offensif total du camp Sud, relativement à la case attaquée, est donc de (7 X 3) + 5 + 4 + 4 = 34.
L'unité d'infanterie en I 6 n'est pas dans l'alignement de la case attaquée, et ne peut donc participer au combat. Les unités en B 7 et C 7 sont, quant à elles, hors de portée de l'engagement.
On notera que les unités en B 7 et F 6 sont en liaison directe avec des lignes de communications secondaires rayonnant de la case F 3 occupée par une unité de transmissions. Les unités en C 7, E 5, G 7 sont en liaison indirecte avec ces mêmes lignes de communications secondaires via les unités en B 7 et F 6. Quant aux unités en H 6, I 7 et J 6, elles sont en liaison indirecte, via l'unité en I 6, avec une ligne de communications secondaire renvoyée par l'unité de transmissions occupant la case F 3. Ainsi, l'unité occupant la case I 6 ne participe pas activement au combat, mais permet aux unités adjacentes d'y prendre part.
Le coefficient offensif du camp Sud (34) étant supérieur au coefficient défensif du camp Nord (28), l'attaque réussit : l'unité d'infanterie attaquée en H 8 est détruite.
Si l'on se reporte maintenant à la figure 5, on voit que la case attaquée H 8 est défendue par trois unités d'infanterie en G 9, H 8 et I 9 (coefficient défensif : 6 x 3), par une unité d'artillerie à pied occupant la case-col en F 10 (coefficient défensif : 10), par une unité d'artillerie à cheval en J 10 (coefficient défensif : 8) et par une unité de cavalerie en J 8 (coefficient défensif : 5). Le coefficient défensif total du camp Nord, relativement à la case attaquée, est donc de (6 x 3) + 10 + 8+5= 41.
Les forces attaquantes sont constituées par quatre unités de cavalerie en E 5, F 6, G 7 et H 7 chargeant selon deux axes différents (coefficient offensif : 7 X 4), et par trois unités d'infanterie en F 8, H 6 et I 7 (coefficient offensif : 4 X 3). Le coefficient offensif total du camp Sud, relativement à la case attaquée, est donc de : (7 X 4) + (4 X 3) = 40. Les unités en E 7 et E 9 ne sont pas en position d'attaque.
Le coefficient défensif du camp Nord étant supérieur au coefficient offensif du camp Sud, l'attaque échoue.
Si l'attaque avait disposé de deux points de plus (42), elle aurait, surclassant l'adversaire d'un point, entraîné, comme premier mouvement obligatoire du coup suivant de l'adversaire, le retrait de l'unité d'infanterie occupant la case H 8. Avec trois points de plus (43), l'attaque aurait obtenu la destruction de cette unité d'infanterie. Il est à remarquer que l'attaque aurait disposé de cinq points supplémentaires si elle avait été en état de porter, dans le mouvement qu'elle vient d'opérer, son unité d'artillerie à cheval présente en E 7 jusqu'à la case E 8, d'où elle aurait battu la case H 8.
On peut noter que, dans ce cas, le camp Nord, qui va être inévitablement enfoncé dans la suite de l'engagement tactique, peut recourir à une manœuvre stratégique au coup suivant : en portant son unité de transmissions à cheval de J 15 en L 15, son unité de cavalerie de J 8 en L 6, appuyée par son unité d'artillerie à cheval qui vient remplacer cette cavalerie en J 8. Le but de la manœuvre est d'atteindre avec la cavalerie, deux coups plus tard, la colonne F 3 - T 3 qui constitue la seule ligne de communications des unités du camp Sud. Pour couvrir cette opération en retardant au maximum une contre-attaque du camp Sud dans ce même coup, le camp Nord attaquera l'unité d'infanterie du Sud occupant la case I 7, qui se trouve être la plus avancée dans la direction que devra prendre cette contre-attaque assurément prévisible. Cette unité en I 7 se trouvera attaquée par 5 unités du Nord : 3 unités d'infanterie (en H 8, G 9, I 9) et 2 unités d'artillerie (l'artillerie à cheval parvenue en J 8, l'artillerie à pied restée en position dans le col F 10), tandis que l'unité de cavalerie lancée en L 6 ne pourra participer à l'engagement. Le coefficient offensif sera donc : (4 X 3) + (5 x 2) = 22. Mais le coefficient défensif (z unités d'infanterie du camp Sud en I 7 et H 6, 2 unités de cavalerie en H 7 et G 7) sera également de 22 (6 x 2) + (5 x 2). L'infanterie attaquée en I 8 résistera donc, permettant le développement ultérieur de la contre-attaque du camp Sud, qui sera cependant obligé, par l'urgence de la menace qui pèse sur sa ligne de communications, de faire mouvement vers le sud tout en combattant ces cinq unités devant lesquelles il lui faut défiler.
La figure 6 représente deux armées groupées, sur le point d'engager la bataille, après avoir l'une et l'autre marché pour s'assurer certaines positions de départ. Le camp Nord est à pied d'œuvre pour prendre d'assaut la forteresse, en L 15, qui constitue le pivot de manœuvre du camp Sud. Sa cavalerie massée en L 12 et 13, K 12 et 13, se dispose à exploiter cette rupture en enveloppant l'aile gauche du camp Sud, soit vers l'est de la colonne L, en visant la ligne de communications T 23 - G 23, soit sur la diagonale D 8 - S 23, en visant l'arsenal oriental du camp Sud. Cependant, l'aile droite du camp Sud s'étant élevée jusqu'à une position, au-dessus de la forteresse H 21, d'où elle menace les propres lignes de communications du camp Nord (vers les cases F 15, F 10 et F 8) l'infanterie de l'aile gauche du camp Nord s'est établie en crochet défensif en G 17 - J 17, soutenue par la concentration d'artillerie en I 15 - J 15, laquelle est disposée pour battre simultanément la forteresse L 15.
Les flèches pleines indiquent les lignes de communications, effectivement utilisées par les deux armées. Les deux flèches en pointillés marquent les axes d'attaque qui s'ouvrent devant le corps de cavalerie du camp Sud.